9 avril 2010 | Moteurs de recherche

Les réactions chinoises face au moteur de Google


En raison d’attaques informatique en provenance de la Chine, Google a décidé de réorienter les internautes chinois vers leur moteur de recherche hébergé à Hong-Kong. Mais le Gouvernement chinois maintient le blocage des recherches fondées sur des sujets sensibles.
Parallèlement, le secteur de la téléphonie mobile aurait subi des pressions en vue de rompre tout contrat actuel ou futur avec le géant américain.

 

Un litige né entre Google et Pékin

En Chine, Google détient une large part du marché (35 %) et s’impose comme le concurrent principal du leader chinois Baidu. Malheureusement, un litige né entre les autorités chinoises et le géant américain pourrait entraver considérablement le développement des entreprises locales recourant à ses services de publicité, de distraction et de référencement.
Au début de l’année 2010, le groupe a décidé de ne plus respecter les règles de censure imposées par Pékin, après la découverte du piratage de boîtes Gmail de militant pour la défense des droits de l’Homme, mais également une trentaine d’autres entreprises qui ont été les cibles d’attaques informatiques.

Après avoir menacé de fermer Google en Chine, l’entreprise américaine a finalement décidé de rediriger ses utilisateurs chinois sur son espace internet de Hong Kong.
Si un internaute veut consulter la version chinoise du moteur (Google.cn), c’est désormais la page de Google.com.hk qui apparaît. Comme les sites internet dans le collimateur des autorités chinoises sont toujours censurés, cette petite modification ne devrait pas avoir d’impact sur les habitudes des internautes.

Google Chine
Source : Liu Jin/Agence France-Presse — Getty Images Google headquarters in Beijing.

Le blocage de la parade lancée par Google

Aujourd’hui, la menace de Google de fermer son moteur de recherche en Chine semble ne plus être à l’ordre du jour. Le géant américain a indiqué son intention de maintenir ses services sur le sol chinois. D’après David Drummond, vice-président chargé des développements institutionnels et du contentieux de l’entreprise américaine, la décision de rester dans ce pays ne dépend pas de la volonté de Google, mais de la faculté des utilisateurs chinois à se connecter sur la page Google.com.hk. Comme Pékin empêche l’accès à Youtube, le vice-président du Groupe redoute légitimement une censure du moteur de recherche américain.

En effet, peu de temps après la redirection des internautes chinois organisée par Google, le Gouvernement chinois a déjà mis un frein à l’accès au moteur de recherche hongkongais en censurant les recherches lancées sur des mots clés délicats. À cet égard, un communiqué vient de révéler le blocage des requêtes basées sur les termes « Place Tian’anmen » et « Falun Gong ». Dès lors que les internautes entrent des données sensibles sur le moteur de recherche destiné à parer la censure de Pékin, un message d’erreur apparaît ou les liens affichés en tant que résultat sont impossibles à ouvrir.

Des mesures de rétorsion engagées par les autorités chinoises

Malgré ces blocages, la page créée par le géant américain permettant aux internautes chinois de suivre le fonctionnement de ses services de recherche ne fait état d’aucune anomalie et la redirection automatique vers le site hongkongais fonctionne encore.
Pour justifier ces différentes mesures, le Gouvernement chinois évoque la violation de l’engagement de Google au sujet du filtre des recherches en Chine. Une sanction devrait déjà être étudiée par Pékin pour condamner le groupe plus rudement, selon le quotidien américain New York Times.

D’après plusieurs sources, les autorités chinoises auraient exercé une pression sur le plus grand opérateur du marché chinois, China Mobile, afin que ce dernier renonce à l’accord prévoyant Google comme principal moteur de recherche de sa page de présentation. Le deuxième opérateur de téléphonie mobile, China Unicom aurait également différé, voire abandonné, le projet de vente d’un smartphone Android. Enfin, l’agence de presse américaine Associated Press dévoile que Tom.com, l’un des plus importants sites en Chine présentant des services sur mobile, a indiqué récemment qu’il renonçait à utiliser le moteur de recherche américain

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